Le management de transition se développe
Phénomène récent en France, le management de transition commence à entrer dans les mœurs et donc dans les entreprises mises à mal par la concurrence, les aléas économiques et l’absence de certaines compétences. C’est ce qui ressort d’une étude menée récemment par la société LeManagerDeTransition SAS fondée par Dominique Hervieu
Souvent présentés comme des « pompiers de prestige », les managers de transisition commencent à être reconnus comme des alliés indispensables par les entreprises. Un métier souvent de seconde chance pour les seniors, confrontés au chomâge et leur nécessité de repousser l’âge de leur retraite.
Soucieux d’en savoir plus sur eux, LeManagerDeTransition SAS a interrogé 200 managers de transition le 1er trimestre 2009.
Il en ressort que la moyenne d’âge est de 53 ans, le minimum est de 39 ans et le maximum de 66 ans, avec une large majorité masculine.
18 % d’entre eux exercent ce métier depuis 10 ans mais il est en développement constant notamment depuis deux ans avec la crise que connaissent les seniors et une meilleure connaissance de ce métier par les entreprises.
Concernant leurs statuts : 18 % sont salariés d’un cabinet spécialisé, 19 % ont créé une EURL-SARL, 19 % sont « portés », 17 % sont des entrepreneurs individuels et 12 % exercent en profession libérale.
Pour décrocher une mission, la moitié des répondants indique que tout repose sur le réseau pour prospecter. 36 % se tournent vers les cabinets spécialisés, les autres éprouvent davantage de difficulté avec les autres filières (portage salarial, intérim, associations, etc….)
La clé de la réussite repose sur deux facteurs : la mobilité et la maîtrise de langues étrangères. Ainsi 93 % se déclarent mobiles au niveau national et 85 % à l’international. Parmi les langues à privilégier : l’anglais bien entendu mais de plus en plus la particularité de parler le chinois, le mandarin ou le russe est un avantage incontestable.
Selon l’enquête, les missions sont de durées variables et bien souvent le manager de transition en place dans une entreprise anticipe sa prochaine intervention. En moyenne, une mission dure 8 mois, la fourchette se situant entre 3 et 18 mois. A noter que les missions longues (plus de 12 mois) concernent principalement les restructurations (45 %) puis le développement (32 %). Mais le remplacement d’un dirigeant absent est souvent la raison principale de faire appel à un manager de transition (38,5 %) devançant les restructurations (27,38 %). A ce jour, en France les entreprises recherchent surtout des managers de transition pour des postes de DAF et de DRH mais il est à prévoir que d’autres fonctions de direction seront concernées.
Mais sont-ils satisfaits ces « pompiers de prestige » ? Oui pour 19 % qui apprécient la diversité de leurs interventions, 13 % estimant détenir une position claire dans l’entreprise. En revanche, certains avouent honnêtement n’avoir pas trouvé d’autres solutions pour éviter le chômage. La précarité du statut, les périodes plus ou moins longues entre chaque mission et la difficulté de prospection, sont perçus à l’unanimité comme les inconvénients majeurs de ce métier. Une problématique à relativiser malgré tout face aux honoraires ou salaires qu’ils perçoivent : entre 500 et 1 500 € par jour selon les différentes réponses enregistrées.
Enfin, 87 % d’entre eux considérent que leur métier est très prometteur pour des raisons conjoncturelles et structurelles mais ils déplorent l’absence de cadre juridique qui représente certains risques. Pour eux, parmi les facteurs propices à l’évolution de ce métier viennent le besoin d’expertise des entreprises, l’évolution des méthodes de gestion, le contexte de crise mais aussi le manque de ressources internes
