Opération de sauvetage des seniors
Mardi 2 juin 2009 – Nicole Notat, présidente de Vigeo, première agence de mesure de la responsabilité sociale en Europe, vient de remettre ce matin un recueil de Bonnes Pratiques identifiées dans 11 entreprises auditées auprès de Laurent Wauquiez, Secrétaire d’Etat à l’Emploi. Conclusion : même si elles sont conscientes qu’elles ont encore beaucoup de dispositifs à mettre en place, trouver des solutions au cas par cas, les enteprises concernées par cet audit ont déjà engagé de nombreux plans sur la gestion des carrières en accord avec des partenariats sociaux.A l’initiative du Secrétariat d’Etat à l’Emploi, Vigeo, présidé par Nicole Notat, a mené de décembre 2008 à mars 2009 un audit sur l’emploi des seniors auprès de onze entreprises : Adecco, Areva, Axa, Cofidis, EADS, La Poste, L’Oréal, O2, Siemens, Thales et Vinci. Objectif : comprendre les processus de gestion des ressources humaines mis en place par chacune des entreprise, mettre en évidence les lacunes, mais aussi les initiatives pour mieux lutter contre la dicrimination des seniors.
Ainsi durant trois mois dirigeants, décisionnaires, délégués syndicaux, représentants du personnels et salariés de ces entreprises ont exprimé les divers mécanismes internes pour favoriser non seulement le maintien à l’emploi des seniors mais aussi leur formation, leur évolution professionnelle et surtout leur recrutement. « D’emblée, cet audit a suscité un certain scepticisme de la part des entreprises interrogées, remarque Nicole Notat. Toutefois, cet audit a permis d’identifier et de dresser un premier recueil d’une quarantaine de pratiques managériales, grâce auquel d’autres entreprises pourront s’inspirer ».
Les grands thèmes portaient sur le recrutement externe, la transmission des savoirs et des compétences et le développement du tutorat, le développement des compétences, des qualifications et de l’accès à la formation, l’anticipation et l’évolution des carrières professionnelles, l’amélioration des conditions de travail et la prévention des situations de pénbilité, enfin l’aménagement des fins de carrière et de latransition entre l’activité et la retraite.
Que ressort de cet audit ? « Il n’y a pas de bonnes pratiques s’il n’y a pas une volonté farouche à s’attaquer au problème de l’emploi des seniors. Il faut une volonté de susciter un engagement le plus fort et le plus large possible avec divers partenaires (sociaux, sociétés d’intérim….). Si j’ai pu constater un engagement sur le terrain, encore faut-il que les actions se poursuivent et s’amplifient. Cet audit a permis de révéler de bonnes pratiques, des leviers d’action mais qu’il faut davantage développer »Les enteprises auditées reconnaissent que cet audit a valeur de révélateur. Elles ont effectivement pris conscience qu’il reste encore beaucoup à faire et que l’un de leurs défis majeurs est de trouver des solutions individuelles, adapter leur gestion de ressources humaines au cas par cas. Grâce à ce recueil des Bonnes Pratiques, elles ont une plus grande visibilité sur les iniatives menées par chacune d’elles, les partager, et pourront se servir de cet audit comme socle de négociation avec les partenaires sociaux.
Reste qu’on peut regretter que cet audit n’ait pas été mené auprès des PME qui représentent la majorité des entreprises françaises. Car pour elles, il est sans doute moins facile de maintenir l’emploi des seniors comme celui d’ailleurs des salariés plus jeuness, encore moins d’embaucher, notamment dans cette période actuelle que nous traversons. Pour rappel, le 1er janvier 2010, toute entreprise de plus 50 salariés, non couverte par un accord de branche ou un plan d’action en faveur de l’emploi des seniors, se verra pénalisée. Mais comme le souligne Laurent Wauquiez « C’est une mesure incitative, le taux d’emploi des 55-64 ans est de seulement 38 % en France contre 46 % dans l’Union Européenne. Toutefois, il faut et je le vise un « zéro » pénalité. Nous avons un défi collectif à relever qui concerne le salarié, l’entreprise et notre pays ».
