4.1.1Affaires Fnac 300-250

 


       

                                    

                                    



 

 

 

 

 

 

 

 

 

DOSSIER SPECIAL RETRAITES


Royaume-Uni: l'âge de la retraite porté à 66 ans dès 2020

L'âge légal de départ à la retraite ("State Pension Age") est actuellement fixé à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes.

Le passage de 65 ans à 66 ans doit se faire progressivement à partir de 2018, a précisé M. Osborne. Il doit permettre d'économiser 5 milliards de livres par an, "qui seront utilisées pour accorder une pension d'Etat plus généreuse au moment où nous faisons face à la pression démographique", a souligné le chancelier de l'Echiquier.

Le passage à 66 ans en 2020 constitue une accélération par rapport au calendrier prévu par le précédent gouvernement travailliste.L'ex-Premier ministre Gordon Brown avait prévu que l'âge légal soit repoussé à 65 ans pour les femmes en 2020, puis à 68 ans pour les deux sexes de manière progressive, entre 2024 et 2046.

L'annonce intervient alors qu'en France la mobilisation syndicale ne faiblit pas contre le recul de l'âge légal de la retraite de 60 ans à 62 ans en 2018.

La plupart des pays industriels ont choisi de reculer l'âge légal de la retraite, mais les comparaisons sont délicates car les durées de cotisations varient et le niveau des pensions est différent d'un pays à l'autre.

Source : AFP

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Comparatif des retraites avec les pays européens.

Age légal et conditions de durée

Dans tous les pays, il existe des conditions d'âge pour l'ouverture du droit à la retraite. Dans certains d’entre eux, cette condition d’âge est assortie d'une condition de durée d'assurance ou de cotisation aux régimes de retraite. Parfois, il n’a pu exister qu’une condition de durée. Tel était le cas en Italie avec les «pensions d’ancienneté» ouvertes sans condition d’âge dès lors que l’assuré avait cotisé pendant 35 années. Il en va de même en France pour les fonctionnaires parents de 3 enfants ayant 15 années de service, possibilité qui devrait disparaître au 1er janvier 2012.

Mais en général, et même sous condition de durée d’assurance, il existe un âge « plancher » : ainsi en Roumanie il est possible de prendre sa retraite dès 58 ans en justifiant de 40 ans d’assurance (38 ans pour les femmes). En revanche, pour celles et ceux qui n’auront été assurés que durant quinze années, il leur faudra attendre d’avoir atteint l’âge de 63 ans (pour les femmes) ou de 65 ans (pour les hommes).

L’âge de la retraite peut également dépendre du nombre d’enfants élevés comme en République tchèque où toute femme en ayant élevé au moins cinq pourra faire valoir ses droits à retraite à 56 ans et huit mois contre 60 ans et huit mois pour celles n’en ayant élevé aucun et 62 ans pour tous les hommes. L’âge de la retraite peut enfin varier selon les catégories professionnelles : à Chypre, les mineurs peuvent ainsi partir à 63 ans contre 65 ans pour les autres catégories.

Certains régimes de retraite prévoient un âge limite à partir duquel les droits à pension sont automatiquement acquis, et ce, quelle que soit la durée d'assurance (notion de « taux plein » ou « pension complète »). A l'inverse, il existe également des possibilités de retraites anticipées (c'est-à-dire avant l'âge légal) soumises à des conditions de durée d'assurance spécifiques (comme en Allemagne par exemple).

De son côté, la Suède a adopté un âge de la retraite « flexible » (entre 61 et 67 ans). Le montant de la retraite dépend à la fois des cotisations versées et de la durée de vie prévisible à la retraite pour l’assuré compte tenu de son âge de départ à la retraite et de la table de mortalité de sa génération.

Age légal du départ à la retraite et conditions pour une pension à taux plein ou une pension "complète" (réglementation en vigueur au 1er juillet 2009)

PAYS ( UE 27 )

Age légal Conditions

Allemagne

65 ans, porté progressivement à 67 ans (de la génération 1947 à la génération 1964)

Aucune

Possibilité de partir à 65 ans avec une durée d’assurance d’au moins 45 ans

Autriche

65 pour les hommes et 60 ans pour les femmes avec un alignement progressif entre 2024 et 2033

45 ans d'assurance

Belgique

65 ans

45 ans de carrière

Bulgarie

63 ans et 100 points pour les hommes et 60 ans et 94 points pour les femmes

Combinaison entre âge minimal / années d'assurance appelées "nombre de points"

Chypre

65 ans (63 ans pour les travailleurs des mines)

Base: moyenne des revenus assurables payés ou crédités, du 5 octobre 1964 (ou 7 janvier 1957) à l’âge de la retraite, égale à 52 fois les revenus de base assurables (soit 154,07 €/semaine) pour chaque année
Complémentaire: aucune

Danemark

Base: 65 ans
Complémentaire: 67 ans

Base: 40 ans de résidence entre 15 et 65 ans

Espagne

65 ans

35 ans de cotisations

Estonie

63 ans pour les hommes et 61 ans pour les femmes avec un alignement progressif pour atteindre 63 ans en 2016

Aucune

Finlande

Pension nationale : 65 ans
Pension liée aux revenus: au choix, entre 63 et 68 ans

Pension nationale : avoir résidé 40 ans dans le pays entre l’âge de 16 et de 65 ans
Pension liée aux revenus: aucune

France

Base: entre 60 et 65 ans
Complémentaire: entre 55 (sous certaines conditions) et 65 ans (entre 60 et 65 ans, possibilité d’une pension complète si pension de base complète)

Base : 163 trimestres d’assurance pour obtenir une pension complète (ou 65 ans)
Complémentaire: pas de condition

Grèce

65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes avec un alignement à 65 ans pour les assurées nées après 1992

35 ans d'assurance ou 10500 jours de travail pour obtenir une pension correspondant à 80% des revenus ouvrant droit à pension (taux ramené à 70% pour les assurés nés après 1992)

Hongrie

62 ans

Aucune

Irlande

66 ans

Moyenne annuelle de 48 semaines cotisées ou créditées

Italie

65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes

30 ans d'assurance

Lettonie

62 ans

Aucune

Lituanie

62,5 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes

30 ans d'assurance

Luxembourg

65 ans

40 ans de carrière

Malte

Nés avant 52: 61 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes
Nés entre 52 et 55: 62 ans
Nés entre 56 et 58: 63 ans
Nés entre 59 et 61: 64 ans
Nés à partir de 62: 65 ans

Au moins 50 semaines cotisées ou créditées par an à partir de 1956, 1965 ou de l'âge de 19 ans

Pays-Bas

65 ans

Avoir été assuré en continu entre l'âge de 15 ans et l'âge de 65 ans

Pologne

65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes

Aucune

Portugal

65 ans

40 ans de cotisation

République tchèque

62 ans pour les hommes et de 56 ans et 8 mois pour les femmes de 5 enfants et plus à 60 ans et 8 mois pour celles sans enfant
Progressivement : 63 ans pour les hommes et femmes sans enfant et de 59 ans à 62 ans pour celles avec enfant(s)

Aucune

Roumanie

63 ans et 4 mois pour les hommes et 58 ans et 4 mois pour les femmes
Progressivement porté à 65 ans d'ici 2014 pour les hommes et à 60 ans pour les femmes

31 ans et 8 mois de cotisation au 1er juillet 2008 pour les hommes et 26 ans et 8 mois pour les femmes
progressivement 35 ans pour les hommes et 30 ans pour les femmes d'ici 2014

Royaume-Uni

65 ans pour les hommes et 60 pour les femmes avec un alignement progressif sur 65 ans d'ici 2020 (passage prévu à 68 ans en 2046)

44 ans de cotisation pour les hommes et 39 ans pour les femmes

Slovaquie

62 ans
Peut différer selon les catégories mais deviendra le même pour toute la population d’ici 2014

Aucune

Slovénie

Après 15 ans d’assurance: 65 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes
Après 20 ans d’assurance: 63 ans pour les hommes et 61 ans pour les femmes
Après 40 ans d’assurance pour les hommes et 38 pour les femmes: 58 ans

Suède

Entre 61 et 67 ans

Aucune

Source : http://ec.europa.eu/employment_social/missoc/

Reculer l'âge effectif de départ en retraite

Dans un contexte de vieillissement démographique, la plupart des pays ont choisi de privilégier l’âge effectif de départ en retraite comme levier d’action afin d'assurer l'équilibre financier des régimes de retraite à long terme. Trois solutions sont ainsi envisageables pour parvenir à augmenter l’âge moyen  constaté au départ à la retraite.

Première solution : reculer l’âge légal d’ouverture des droits
Huit pays sont ainsi engagés dans un tel processus. Parmi eux, cinq visent à aligner l’âge de départ des femmes sur celui des hommes : Autriche (65 ans), l’Estonie (63 ans), la Grèce (65 ans) et le Royaume-Uni (65 ans). La République Tchèque prévoit un alignement partiel des hommes et des femmes selon le nombre d’enfants. L’âge légal peut être repoussé en fonction de l’année de naissance : de 62 ans pour une personne née en 1952 à 65 ans pour une personne née en 1962 à Malte et de 65 à 67 ans pour les assurés nés après 1963 en Allemagne.

Deuxième solution : augmenter la durée de cotisation sans reculer l’âge légal
Cette orientation avait jusque-là été privilégiée en France. En 1982, la réforme avait été précédée d’un débat portant sur les conditions d’ouverture du droit à la retraite à taux plein en fonction de l’âge ou de la durée. Le groupe de prospective du Plan présidé par R. Lion avait notamment proposé de remplacer la condition d’âge par une condition de durée d’assurance. Cependant, il aurait fallu retenir une durée très longue (supérieure à 44 ans) pour ne pas mettre en péril l’équilibre financier des régimes. Finalement, le compromis retenu a été celui  d’une double condition d’âge (60 ans) et de durée d’assurance (37,5 ans). Ce compromis a été confirmé par les réformes de 1993 en 2003 qui ont augmenté la durée d’assurance requise pour obtenir une pension à taux plein (passage de 37,5 ans à 40 ans puis à 41 ans) sans que l’âge légal de la retraite ait été modifié.

Troisième solution : mettre en place des incitations financières pour inciter les salariés à rester en emploi
Afin d'inciter les assurés à prolonger volontairement leur activité au-delà de la durée ou de l'âge requis, des techniques d'abattements et de majorations ont été mises en place. Aussi appelées décotes et surcotes, elles minorent ou majorent la pension en fonction de la durée cotisée en moins ou en plus par rapport à l'âge légal de la retraite.
Par exemple en France, la décote baisse progressivement depuis la réforme de 2003. D'ici 2013, elle devrait atteindre 1,25% par trimestre manquant (soit 5% par année manquante), tandis qu'une surcote de 1,25% par trimestre travaillé au-delà du taux plein a été instaurée, afin d'encourager les assurés à décaler leur âge de départ à la retraite.

 

Quel critère privilégier?

Le critère de durée d’assurance est en général jugé plus juste socialement puisqu’il permet de tenir compte des différences d’espérances de vie et de pénibilité du travail ; les salariés qui ont commencé à travailler tôt pouvant continuer à partir plus tôt. En revanche, ce critère pénalise ceux qui ont mené des carrières professionnelles plus courtes et discontinues. En outre, renforcer le rôle de ce critère permettrait d’accentuer la proportionnalité entre la durée cotisée et l’octroi, ainsi que le niveau, de la pension. Ainsi, dans les régimes par points ou par capitalisation, le niveau de pension est lié au montant des cotisations versées et donc à la durée d’assurance, tandis que pour les régimes en annuités, la pension est souvent calculée au prorata d'une durée plafonnée.
Pour autant, toute hausse d’un an de la durée d’assurance n’entraîne pas un report moyen de l’âge du départ à la retraite équivalent ; le décalage est évalué à environ 6 mois. Une part importante des assurés arrivent en effet à l’âge de la retraite en ayant déjà plus de trimestres qu’exigé. Ainsi, en 2007, près de 55 % des assurés ayant liquidé leur pension au régime général avaient plus de 160 trimestres validés (59% des hommes et 50% des femmes).
De plus, l’augmentation de la durée d’assurance et les incitations financières à partir après le taux plein n’ont d’effet que pour les salariés qui sont encore en emploi au moment de leur départ (soit moins de 40% en France actuellement). Les autres (chômeurs, préretraités…) partent à 60 ans s’ils ont le nombre de trimestres requis ou partent juste à l’âge du taux plein. L’impact de l’augmentation de la durée d’assurance est alors réduit.  Des phénomènes de contournement existent également : des assurés recherchant à tout prix à faire valider davantage de trimestres (par exemple, pour les travaux saisonniers en début de carrière) ou, plus fréquemment, demandant à partir dès 60 ans en raison de l’inaptitude au travail.

Or, dans tous les pays européens, il y a un décalage croissant entre l’âge de cessation d’activité et l’âge de liquidation de la retraite. La sortie précoce de l’emploi constitue une perte financière, puisqu’elle se traduit soit par des pertes pures de cotisations aux régimes de retraite, soit par des transferts de dépenses sociales (entre assurance chômage et assurance vieillesse par exemple). Maintenir les assurés plus longtemps dans l’emploi constitue donc un enjeu majeur pour les Etats confrontés au problème du financement de leur système de retraite. Lors du sommet européen de Lisbonne en 2000, l'objectif fixé par l'UE était d'atteindre un taux d'emploi des seniors (55-64 ans) d'au moins 50% d'ici 2010. Plusieurs mesures ont ainsi été adoptées (lutte contre le recours abusif aux préretraites, mesures en faveur du droit à la formation à tout âge, campagnes de communication contre les préjugés à l'égard des seniors, réformes de la retraite progressive et du cumul emploi-retraite,…). Mais l’objectif est loin d’être atteint dans beaucoup de pays : la France notamment fait figure de mauvaise élève en la matière, avec un taux d'emploi des seniors plafonnant à un peu moins de 39% en 2007 (contre 44% pour la moyenne de l'UE).

Pour parvenir aux objectifs fixés, certains chercheurs mettent en avant un «effet d’horizon». Seul le recul de l’âge légal de la retraite permettrait  d’augmenter simultanément le taux d’emploi des seniors et l’âge moyen de départ en retraite. Les employés seraient ainsi incités à rester plus longtemps en emploi et les employeurs seraient eux incités à les garder plus longtemps. D’autres chercheurs, en revanche, avancent que les cessations précoces d’activité sont le reflet de conditions de travail et d’états de santé dégradés et le résultat d’une moindre sollicitation des salariés âgés de la part des employeurs. Si tel était le cas, le recul de l’âge légal de la retraite aurait certes un impact sur l’équilibre des régimes de retraite, éventuellement limité si plus d’assurés avaient recours aux retraites anticipées, mais les dépenses seraient transférées aux autres régimes sociaux (maladie et chômage). L’impact macroéconomique serait donc nul. En outre, le taux de pauvreté des seniors pourrait augmenter, un certain nombre d’assurés ne pouvant plus avoir recours à un système d’indemnisation. L’impact social serait là important.


Au final, il semble que les effets d’un relèvement de l’âge de la retraite sur l’emploi des seniors et sur les comptes sociaux dans leur ensemble sont ainsi au moins autant liés au fonctionnement du marché du travail et des dispositifs de protection sociale qu’à la mesure adoptée pour les seuls régimes de retraite (âge ou durée).

Age moyen de sortie du marché du travail et taux d'emploi des 55-64 ans

UE à 27

Age de sortie en 2007

Taux d'emploi en 2009

Allemagne

62,7

56,2%

Autriche

60,9

41,1%

Belgique

61,6

35,3%

Bulgarie

64,1*

46,1%

Chypre

63,5

56,0%

Danemark

60,6

57,5%

Espagne

62,1

44,1%

Estonie

62,5

60,4%

Finlande

61,6

55,5%

France

59,4

38,9%

Grèce

61,0

42,2%

Hongrie

59,8**

32,8%

Irlande

64,1

51,0%

Italie

60,4

35,7%

Lettonie

63,3

53,2%

Lituanie

59,9

51,6%

Luxembourg

59,4**

38,2%

Malte

58,5*

28,1%

Pays-Bas

63,9

55,1%

Pologne

59,3

32,3%

Portugal

62,6

49,7%

République tchèque 

60,7

46,8%

Roumanie

64,3

42,6%

Royaume-Uni

62,6

57,5%

Slovaquie

58,7

39,5%

Slovénie

59,8*

35,6%

Suède

63,9

70,0%

* 2006 et ** 2005

Source: http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/statistics/search_database

29 juin 2010"


La CFTC lance son opération de sensibilisation des parlementaires.

La CFTC est déterminée à faire évoluer le projet de loi de réforme des retraites avant la fin de l’été. Elle a donc
           choisi d'adresser un courrier accompagné d'une note présentant ses positions, à l'ensemble des parlementaires
           ainsi qu'au Gouvernement.
                                                                                                Lire le document en PDF


Un simulateur pour calculer l’âge d’ouverture des droits à la retraite

Eric WOERTH, Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, et Georges TRON, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, annoncent la mise en place sur le site retraites2010.fr d’un simulateur calculant à titre indicatif l’âge d’ouverture des droits à la retraite dans les régimes de base.

Cette application, très facile d’utilisation, permettra à chacun de connaître l’âge à partir duquel sa pension de vieillesse pourra être liquidée dans le ou les régimes de base dans lesquels il a cotisé. Seul l’âge d’ouverture des droits peut être calculé.

Par ailleurs, les personnes qui ont commencé à travailler tôt ou qui entrent dans le champ du dispositif lié à la pénibilité, pourront connaître l’âge auquel il leur sera possible de bénéficier d’un départ anticipé.

Accéder au simulateur


Le Conseil national du Mouvement démocrate, réuni le 26 juin, a arrêté la position Mouvement sur la réforme des retraites.

Dans une résolution en 9 points, adoptée à l'unanimité, le Mouvement Démocrate a rappelé l'impérieuse nécessite de mener la réforme des retraites pour faire face aux enjeux démographiques et budgétaires auxquels la France est confrontée.

Cependant cette réforme ne saurait être menée sans justice sans responsabilité. et sans reconquête de l'emploi et de la production.

Lire la résolution dans son intégralité. (PDF)


Le 16 juin 2010, Eric Woerth présente la réforme des retraites.

Lire le discours intégral en PDF

Concrètement, les tableaux explicatifs en PDF

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Mercredi des retraites sur "Les retraites en Europe"

Le 9 juin, la sixième rencontre "Mercredi des Retraites" sera l’occasion d’évoquer les réformes des retraites à l’étranger et de s’intéresser au regard que portent nos voisins sur le débat actuel en France.

Elle réunira trois intervenants :

  • Monika Queisser, chef de la division des politiques sociales à l’OCDE,
  • Ole Settergren, directeur des études, de la recherche et de la prospective à l’Agence nationale suédoise pour les retraites,
  • Burkhard Birke, journaliste, correspondant en France de DeutschlandRadio

Les seniors coûtent «trop cher» selon Laurent Wauquiez

C’est l’un des points clés de la réforme des retraites proposée par le gouvernement: relever le taux d’emploi des seniors, l’un des plus bas d’Europe. Pour cela, Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, a présenté des pistes: exonérer de charges les entreprises qui les embauchent et développer le tutorat. «Il faut arrêter de se voiler la face, les entreprises n'embauchent pas des seniors parce qu'ils coûtent trop cher», explique-t-il dans une interview au Parisien daté de ce mardi.  «Nous réfléchissons à un mécanisme permettant d'utiliser plus largement l'argent de la formation professionnelle afin de compléter le salaire du senior chargé de former les jeunes», a-t-il ajouté.

Pour inciter les entreprises à conserver les seniors, le jeune secrétaire d’Etat pense également au tutorat, qui permettrait de «créer du lien entre les générations: un senior forme un jeune et l’on créé ainsi de l’emploi pour les deux». Et de citer le cas de Bouygues chez qui, selon lui, ce système a «permis de diviser par deux le taux d'échec d'insertion des jeunes», a expliqué le secrétaire d'Etat. Laurent Wauquiez avait déjà annoncé en juillet 2009 un amendement à la réforme de la formation professionnelle prévoyant d'autoriser les entreprises, jusqu'au 31 décembre 2011, à imputer une part de la rémunération de leurs salariés tuteurs sur leur obligation légale de financement de la formation professionnelle.«Dans les plans d'actions des seniors plus de 80% des entreprises se sont engagés à développer le tutorat. C'est un des principaux leviers pour relever le taux des seniors», a-t-il ajouté. 

Actuellement, le taux d’emploi des 60-64 ans est de 17% et celui des 55-59 est de 58,5%, selon les chiffres apportés par le secrétaire d’Etat. Retraites: journée de mobilisation le 24 juin à l'appel de l'intersyndicale

Source : Le Parisien (1er juin 2010)

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Alors qu'un nouveau sondage souligne qu'une majorité de Français considèrent que le projet socialiste pour les retraites est meilleur que celui du gouvernement, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a de nouveau plaidé mercredi matin contre le recul de l'âge légal de la retraite. "C'est une mesure totalement injuste et totalement inefficace", a-t-elle jugé sur RTL. Pour exemple, "si aujourd'hui, on repousse l'âge légal de 60 à 62 ans, c'est trois millions de salariés qui ont commencé à travailler avant 19 ans qui vont être pénalisés alors que voilà 43 ans qu'ils cotisent (...) 700.000 ont même commencé avant 17 ans". Et, "la moiité d'entre eux sont au chômage", a ajouté Martine Aubry en dénonçant aussi "le problème du travail des seniors". "Regardez l'état de santé de ces personnes ; faire de la politique c'est prendre en compte la réalité sociale".

Interrogée sur les propos de Dominique Strauss-Kahn qui avait affirmé la semaine dernière sur France 2 qu'il ne fallait pas faire de la retraite à 60 ans un dogme, Martine Aubry a estimé que c'est "une chose de bon sens" mais qu'il s'agit "d'un problème de justice sociale de ne pas continuer à faire travailler des gens épuisés qui n'ont plus leur place sur le marché du travail". "C'est une question de justice et de réalité sociale", a-t-elle martelé.

"Nous allons faire un tour de France pour montrer qu'il y a un autre modèle possible", a-t-elle indiqué. "Oui nous sommes devant un problème de financement des retraites, il ne faut ni le dramatiser ni le sous-estimer. Il faut faire appel à d'autres ressources [...] même Berlusconi va le faire !" Et, "si la gauche remporte l'élection présidentielle en 2012, on reviendra à la retraite à 60 ans", a-t-elle une nouvelle fois promis. Un acquis auquel les Français demeurent, selon un dernier sondage , encore très attachés.



1 - LES 14 ENGAGEMENTS DU GOUVERNEMENT

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Eric Woerth, Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction Publique vient de remettre le 16 mai 2010 aux partis politiques, partenaires sociaux et organisations syndicales, le document d’orientation sur la réforme des retraites : 14 engagements sont proposés.

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Texte officiel du Ministère :

 

Une première série d’engagements vise à restaurer la confiance dans le systèmefrançais de retraite, confiance qui est mise à mal par la dégradation de sa situation financière et le sentiment de complexité des règles. Plus précisément :

- la répartition restera le fondement de notre système de retraite. Si le développement de l’épargne-retraite doit être encouragé, le basculement dans la capitalisation n’apporterait pas de solution aux déséquilibres financiers du système actuel ;

- le Gouvernement s’engage à faire revenir les régimes à l’équilibre à moyen terme, et non pas simplement à réduire leur déficit. Seul le retour à l’équilibre est en effet à même de rétablir la confiance dans l’avenir du système. Dans ce but,
le Gouvernement fixera des règles pour l’horizon 2020 ou 2030 et il n’écarte pas une réforme systémique qui pourrait permettre, dans le cadre de la répartition,

d’apporter plus de transparence et de lisibilité au système de retraite. Toutefois, s’il n’était pas couplé à un allongement de la durée d’activité, ce changement systémique (comptes notionnels, régime par points) n’apporterait à lui seul aucunesolution aux déficits des régimes de retraite, sauf à accepter une baisse des pensions, ce que le Gouvernement rejette ;

- le Gouvernement refuse de réduire le niveau de vie des retraités d’aujourd’hui

ou de demain pour résoudre les difficultés des régimes de retraite. Il n’entend donc ni baisser les pensions des retraités, ni remettre en cause le maintien de leur pouvoir d’achat, ni remettre en cause l’augmentation future des retraites sous l’effet de l’amélioration des carrières ;

- le Gouvernement s’engage à améliorer encore la transparence du système, notamment par la mise en place d’un « point d’étape retraite » à 45 ans et par des mesures de simplification de la situation des « poly-pensionnés », c’est-à-dire des retraités qui relèvent de plusieurs régimes de retraite.

 

La seconde série d’engagements vise à répondre à la véritable cause du déséquilibre de nos régimes de retraite, la démographie :

- le Gouvernement écarte tout d’abord toute solution qui pénaliserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage. C’est pour cette raison, qu’il refuse une hausse générale des impôts ou des cotisations sociales. A titre d’exemple, l’augmentation des cotisations nécessaires pour régler le problème du déficit de la seule année 2010 représenterait, pour un salarié rémunéré au salaire moyen, un supplément de cotisation de 1 270 euros. La mise en place d’une cotisation sur la valeur ajoutée, proposée par certains partis politiques, aurait par ailleurs des conséquences négatives pour l’industrie française ;

- seule l’augmentation progressive de la durée d’activité est de nature à répondre au choc démographique auquel sont confrontés nos régimes, sans pénaliser le niveau de vie des Français, la croissance et l’emploi. Plusieurs leviers peuvent être mobilisés pour atteindre cet objectif, notamment l’augmentation de la durée de cotisation ou le recul de l’âge légal de départ à la retraite. Le Gouvernement précisera la solution retenue au mois de juin, mais indique d’ores et déjà qu’il écarte l’idée, avancée par certains partis politiques, d’introduire une « superdécote » liée à l’âge. Cette mesure serait injuste car elle aboutirait à une baisse des pensions ;

- le Gouvernement s’engage aussi à ce que l’augmentation de la durée d’activité se fasse de manière progressive, ce qui sera une protection essentielle pour les Français. Rien ne se fera brutalement, aucune règle ne changera du jour au

lendemain et les règles ne changeront pas pour les Français qui ont 60 ans et plus,

qu’ils soient déjà partis à la retraite ou qu’ils travaillent encore ;

- l’augmentation de la durée d’activité sera par ailleurs appliquée de manière équitable, c’est-à-dire en tenant compte de ceux qui ont eu une vie professionnelle plus difficile. La possibilité de partir plus tôt pour ceux qui ont commencé leur activité plus tôt que les autres sera maintenue (dispositif « carrières longues »)

et le Gouvernement tiendra compte de la pénibilité propre à certaines carrières professionnelles. La mobilisation engagée depuis 2007 pour mettre fin à la spécificité française en matière d’emploi des seniors sera poursuivie dans le cadre de la réforme.

 

La troisième série d’engagements permettra de renforcer l’équité et la solidarité de nos régimes de retraite :

- premièrement, le Gouvernement s’assurera que les mécanismes de solidarité actuels des régimes de retraite permettent de couvrir de manière satisfaisante la réalité des aléas de la vie professionnelle, en particulier pour le chômage non indemnisé ;

- deuxièmement, afin d’assurer une répartition équitable de l’effort et de conforter le financement de ces mécanismes de solidarité par le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), le Gouvernement mettra notamment en place une contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital. S’agissant des

particuliers, cette contribution ne donnera pas droit à restitution au titre du bouclier fiscal ;

- troisièmement, l’équité de la réforme suppose que l’augmentation de la durée d’activité concerne l’ensemble des Français, du public comme du privé. Les règles spécifiques à la Fonction publique font par ailleurs l’objet d’une concertation spécifique avec les organisations syndicales de la Fonction publique. En ce qui

concerne les régimes spéciaux, ces évolutions s’appliqueront dans le respect du calendrier de mise en oeuvre de la réforme de 2007 ;

- quatrième série d’engagements, le Gouvernement prendra les mesures permettant d’assurer le succès de la réforme dans la durée. A ce titre, la réforme comprendra la tenue, dans les années qui viennent, de rencontres périodiques avec les partenaires sociaux pour s’assurer du respect de certains objectifs essentiels pour la

sauvegarde des régimes de retraite, comme le maintien d’un taux de remplacement satisfaisant, leur situation financière ou encore l’amélioration du taux d’emploi des seniors.

 

Sur la base de ce document d’orientation, Eric WOERTH entamera à compter du 18 mai une deuxième phase de concertation.

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2 - REVUE DE PRESSE

Ce qu’en pensent certains partis politiques :

Martine Aubry, première secrétaire du PS

« Un simulacre de concertation » 

«le gouvernement n'avance pas» dans le document qu'il a envoyé aux partenaires sociaux. «On a l'impression que le gouvernement veut attendre l'été, pour que les gens n'aient pas le temps de réagir», estime Martine Aubry

 

Ségolène Royal, présidente PS de la Région Poitou-Charentes :

« Un acquis social pas négociable »

L'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, "un acquis social très important", n’est "pas négociable"."Ce n'est pas négociable parce que ce serait le recul d'un acquis social très important"
Ségolène Royal a fait valoir que la proposition du gouvernement de taxer les hauts revenus et les revenus du capital n'était "pour l'instant qu'une annonce" et que "nous (étions) habitués depuis trois ans à avoir beaucoup d'annonces qui ne sont pas suivies d'effet"

Benoît Hamont, porte parole du PS :

 « Baisse mécanique du niveau des pensions »
«Les orientations confirment ce que nous savions depuis plusieurs mois: la piste est soit le recul de l’âge légal, soit l’allongement de la durée de cotisation, explique Benoît Hamon.  Il reviendra aux salariés et aux retraités de payer la facture de cette réforme du système.»
La raison: la baisse du niveau des pensions est «la conséquence fatale à tout allongement de cotisation ou au recul de l’âge de départ à la retraite. La situation sera donc la même que pour les deux réformes précédentes, celle de Balladur et celle de Fillon. »

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Ce qu’en pensent les syndicats :

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO : Niet !

"On a tous très bien compris que (....) le critère de l'âge risque d'être retenu, c'est-à-dire repousser au-delà de 60 ans le droit au départ en retraite. Tout est fait pour que ce critère soit retenu, ce que syndicalement nous ne pouvons pas accepter pour toute une série de raisons"

 

Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT : Que du flou et de l’injustice

La CFDT a trouvé « normément de flou" dans le document d'orientation sur les retraites du gouvernement "qui acte un certain nombre de problèmes que l'on a soulevés, comme les polypensionnés ou la pénibilité, mais formule très peu de propositions précises »
 « Nos messages ont été relativement entendus puisqu'ils sont tous évoqués, mais il n'y a pas de réponse, pas de suite »

Pour Jean-Louis Malys, « ce qui transpire, c'est l'intention d'agir exclusivement sur la question de l'âge, et peut-être encore plus que sur la question de la durée (de cotisations). Or jouer sur l'âge c'est vraiment pour nous la mesure la plus injuste puisque les salariés ayant commencé à travailler relativement jeunes cotiseront plus longtemps et vont porter l'effort »

 

Eric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT : l’emploi pénalisé 

« Ce qui est demandé aux salariés, ce sont de nouveaux sacrifices par un report de l'âge de départ à la retraite », a regretté la CGT après avoir reçu du gouvernement, comme les autres syndicats, un document d'orientation sur la réforme des retraites. « Le gouvernement entend répondre par l'activité à un problème démographique en allongeant la durée de cotisation et en reportant l'âge légal de départ en retraite »

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Pourquoi relever l’âge de la retraite est une mesure juste

Par Eric Woerth, Ministre du Travail (28 mai 2010)

J’entends fréquemment avancer l’idée que le relèvement de l’âge légal serait une mesure injuste. C’est désormais l’argument principal avancé par Martine Aubry, qui nous explique que l’augmentation de l’âge légal conduira à exiger des salariés qui ont déjà travaillé très longtemps, et qui pourraient donc partir dès 60 ans, de travailler encore plus. Et si ces salariés sont au chômage, la réforme du gouvernement les prolongerait dans cette situation encore plus longtemps. La réforme serait donc injuste, pour ces deux raisons. Ce raisonnement est tout simplement faux. Il est fondé sur une caricature qui ne résiste ni au bon sens, ni aux chiffres, ni aux comparaisons européennes.

Si relever l’âge légal était une mesure si injuste, je me demande pourquoi tant de gouvernements de gauche en Europe y ont eu recours pour sauver les régimes de retraite dans leur pays, sauf à m’expliquer qu’il y a deux visions de la justice à gauche en Europe. En Italie, Romano Prodi, alors Premier ministre d’un gouvernement de centre gauche l’a décidé en 2007, Walter Veltroni, ancien communiste et chef de file du parti de centre gauche, considérant cette mesure comme "absolument indispensable". En Allemagne, c’est un ministre du Travail social-démocrate et ancien secrétaire général du SPD, Franz Müntefering, qui a décidé le report de l’âge. Et que dire de l’Espagne ! Felipe González avait une première fois décidé d’augmenter l’âge de départ en 1995. José Luis Zapatero, dont le moins que l’on puisse dire est que le Parti socialiste français ne le considère pas comme un modèle d’injustice, a annoncé une nouvelle augmentation de l’âge de départ à la retraite, en expliquant que "l’objectif est que l’âge de départ à la retraite et l’espérance de vie suivent un cours parallèle" et en ajoutant que "reculer l’âge de la retraite est une proposition raisonnable" ! Deuxièmement, augmenter l’âge légal de départ à la retraite est la seule mesure qui respecte un principe fondamental de justice : l’effort doit être fait par tous les Français, et non pas seulement par une partie d’entre eux. Or, dans les années qui viennent, si l’on ne fait qu’augmenter la durée de cotisation, l’effort ne portera que sur la petite partie des salariés qui n’auront pas tous leurs trimestres à 60 ans. Ces salariés ne sont pas des privilégiés. Ce sont, d’un côté, des salariés qui ont fait des études plus longues que les autres et, de l’autre, des salariés qui ont eu beaucoup plus de mal à entrer sur le marché du travail, parce qu’ils ont alterné petits boulots, chômage, temps partiel subi etc. Je ne me vois pas, en tant que ministre du Travail, expliquer qu’il serait juste de demander uniquement un effort à cette partie des Français. Notre système de retraite protège en effet tout le monde. La justice, c’est donc que l’effort de travailler plus soit partagé par tout le monde.

Troisièmement, il est faux de dire que le projet du gouvernement va conduire à exiger des Français qui sont aujourd’hui sur le point de prendre leur retraite et qui ont tous leurs trimestres qu’ils travaillent plusieurs années de plus. La réforme, je l’ai indiqué à de nombreuses reprises, sera progressive. Cela veut dire concrètement que quelqu’un qui a 59 ans aujourd’hui ne travaillera pas des années de plus comme le prétend le Parti socialiste, mais au maximum trois mois de plus, c’est-à-dire qu’il partira à la retraite par exemple en juin au lieu de partir en mars. Quelqu’un qui a 58 ans aujourd’hui, six mois de plus maximum, et ainsi de suite.

Quatrièmement, il est tout aussi faux de dire que le gouvernement sera injuste parce qu’il fera travailler plus longtemps tout le monde sans distinction, du cadre supérieur à l’ouvrier. Le principe de justice que le gouvernement défend, c’est que tout le monde fasse un effort, mais pas que tout le monde fasse le même effort. Cela veut dire concrètement, je l’ai dit dès le 17 mai dans le document d’orientation, que ceux qui ont commencé plus tôt que les autres et travaillé plus longtemps que les autres continueront à partir avant les autres. Je rappelle que le Parti socialiste n’avait pas, en 2003, voté pour la reconnaissance de cette possibilité, appelée "dispositif carrières longues". Cela veut dire également que la réforme du gouvernement intégrera, pour la première fois en France, la reconnaissance de la pénibilité, afin de tenir compte de ceux qui ont eu une vie professionnelle plus usante que les autres. Sur ce sujet comme sur celui des carrières longues, ce sera donc un gouvernement de droite qui aura agi et réalisé de vraies avancées sociales.

Cinquièmement, il est toujours faux de dire, comme le fait le Parti socialiste, que le relèvement de l’âge multipliera le nombre de chômeurs sans droits. Cette affirmation est un procès d’intention, puisque j’ai indiqué, dès le document d’orientation, qu’un dispositif spécifique serait mis en place pour éviter qu’un chômeur âgé arrivant au bout de ses droits ne se trouve pénalisé par le relèvement de l’âge. Et le chômage indemnisé, il faut le rappeler une fois de plus, permet de valider des droits à retraite.

Enfin sixièmement, la taxation effrénée du travail proposée par le Parti socialiste frappera de plein fouet une catégorie : les jeunes. Ce sont eux qui, à peine entrés sur le marché du travail se verraient contraints de payer toute leur vie les impôts décidés par le Parti socialiste. Rien ne serait plus injuste. Et surtout rien ne saperait davantage la confiance qu’il faut leur redonner dans la retraite par répartition. Augmenter l’âge de la retraite pour tous les actifs, y compris pour leurs parents encore en activité, c’est refuser cette fatalité qui consiste à reporter toujours vers eux les efforts que nous ne faisons pas. Il ne suffit pas de parler de justice : il faut surtout faire des mesures justes. Sur ce point, le bilan de la gauche est inexistant. Le Parti socialiste n’a pas voté les carrières longues. Il n’a pas voté la taxation des stock-options. Il n’a pas voté la taxation des retraites chapeaux. Il n’a pas voté la revalorisation du minimum vieillesse de 25%. Il n’a pas voté l’amélioration de la retraite des agriculteurs. Il n’a pas voté la création de la surcote. Il n’a pas voté la revalorisation des pensions de retraite des veuves. Et cette fois encore il ne sera ni le parti de la responsabilité, ni le parti de la réforme juste.

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Eric Woerth réagit aux propositions du Parti socialiste sur la réforme des retraites

Martine Aubry a en effet rendu public un projet d’augmentation d’impôts et de cotisations de 37 Md€, dont 19 Md€ dès 2011. Cette augmentation pèsera à 60 % sur les revenus du travail. En effet, la hausse des cotisations (salariales et patronales) est un prélèvement sur le travail qui touchera tous les salariés et toutes les entreprises. La multiplication par cinq de la taxation de l’intéressement et de la participation frappera des millions de Français, conduira à une baisse de ces compléments de salaires et empêchera les salariés d’être associés aux résultats de leur entreprise (actuellement 5,4 millions de salariés ont de l’intéressement et 4,9 millions ont de la participation).

L’augmentation de 50 % du taux maximal de la contribution sur la valeur ajoutée constitue ni plus ni moins qu’une taxe sur le travail, puisque les deux tiers de la valeur ajoutée sont composés par les salaires.

Par ailleurs, les propositions du Parti socialiste vont pénaliser fortement les revenus de l’épargne et affecter les petits épargnants et les classes moyennes. En effet, la hausse de la CSG sur le capital frappera indifféremment tous les ménages, notamment les 20 millions de Français qui sont bénéficiaires d’un contrat d’assurance-vie, ou encore les millions de Français qui possèdent un plan épargne-logement ou un petit portefeuille d’actions.

Enfin une partie des hausses annoncée par Martine Aubry est totalement virtuelle :

  • en plus des 37 Md€ de recettes destinés aux régimes de retraites, le Parti socialiste prétend financer à hauteur de 3 Md€ par an le Fonds de réserves des retraites en surtaxant de 15 % l’impôt des sociétés (IS) des banques : c’est rigoureusement impossible, puisque l’IS des banques s’est élevé à 2 Md€ en 2009 et 2,5 Md€ en 2008. Pour obtenir 3 Md€ de recettes supplémentaires, il faudrait passer à un taux d’IS de près de 70 %, ce qui est évidemment inenvisageable, sauf à fragiliser le secteur bancaire français qui est l’une des forces de notre économie et qui est indispensable au développement de toutes les entreprises ;
  • les 2 Md€ de ressources attendues de la taxation des bonus et des stock-options sont totalement surestimés : pour avoir ce niveau de recettes, il faudrait taxer les bonus et les stock-options à des niveaux tels que ces formes de complément de revenus baisseront de manière drastique. A titre d’exemple, la taxation des bonus des traders à hauteur de 50 % mise en place par le Gouvernement en 2009 a rapporté 360 millions d’euros ;
  • le Parti socialiste souhaite augmenter la taxation des plus-values de cessions de titre à long terme, sans pouvoir néanmoins préciser le rendement qu’il en attend. Cette incapacité à chiffrer le gain attendu démontre le caractère aléatoire de cette ressource. A partir du moment où ces plus-values sont exonérées dans la plupart des pays européens à des niveaux plus importants qu’en France, les opérations seront largement réalisées à l’étranger, échappant ainsi à toute taxation.

En outre, dans le cas où ces opérations resteraient exercées en France, leur montant varie fortement d’une année sur l’autre, selon l’évolution des marchés financiers. Cela reviendrait donc à indexer le financement des régimes de retraite sur l’évolution des marchés financiers, comme dans un système par capitalisation.

Pour le Parti socialiste, la réforme des retraites se limite donc à un choc fiscal massif sur la croissance, le pouvoir d’achat des Français et l’emploi. Non seulement il refuse de traiter les problèmes démographiques par des mesures adaptées, mais sa stratégie d’évitement le conduit à proposer des mesures incompatibles avec la croissance, la progression du pouvoir d’achat et la baisse du chômage.

Source : Ministère du Travail

 

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