Licencier, motiver et recruter
Les DRH se sont fixées cette année trois objectifs : réduire leurs effectifs, remotiver leurs équipes et chercher de nouveaux talents.
La qualité et la compétitivité avant tout. Tel est le constat tiré de l’étude mondiale réalisée par le cabinet de conseil en recrutement Hudson, menée auprès de 500 DRH dans plus d’une trentaine de pays. Comme l’indique l’étude, la période de crise que nous traversons positionne le licenciement comme la première des priorités. En Eruope, 36 % des entreprises réduisent la voilure, 30 % aux USA/Canada, 24 % en Asie et 28 % en Australie/Nouvelle Zélande. On licencie certes mais pas question de perdre des collaborateurs de talents, indispensables pour préparer la période de l’après-crise. Reste à savoir sur quels critères portent leurs jugements en matière de compétences : pouquoi celui-ci et pas celui-là.On sait tous qu’en période de dégraissage, le climat en entreprise est sombre, les licenciements secs sont mal perçus et mal vécus par ceux qui restent, la surcharge de travail est lourde. D’où une deuxième priorité : remotiver les équipes internes, déceler les talents cachés, placer la bonne personne à la bonne place. 23 % des entreprises européennes appliquent cette stratégie. Pour cela, les entreprises, soucieuses de donner une bonne image d’elles-mêmes vis-à-vis de leurs équipes préservées, essaient de licencier « proprement » leurs effectifs en proposant des accompagnements (81 % des sociétés européennes appliquent ce schéma), et proposent des formations pour développer les talents en interne.
Paradoxalement, après des vagues de licenciement, le recrutement est à l’ordre du jour nous indique l’étude. Mais attention pas question d’embaucher n’importe qui : des talents, des talents et rien que des talents. Et si elles avaient la bonne idée ces entreprises de jeter un regard sur les compétences patentes des seniors ? Dans les bureaux des RH, l’embauche stratégique est à l’ordre du jour. Mais cela se paie. Seront-elles prêtes ces entreprises à y mettre le prix ?
Martine Triquet-Guillaume
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