Auto-entrepreneur en portage salarial : quel intérêt ?
Depuis le lancement du statut d’auto-entrepreneur 135 000 personnes au cours du premier trimestre 2009 l’ont adopté. Un statut souple qui permet de créer en un tour de main et sans tracasseries administratives une activité. Il s’adresse à tout le monde : étudiant, salarié en fonction à temps partiel ou non, intérimaires, retraités… Un marché naissant mais prometteur que les sociétés de portage salarial regardent avec intérêt.
C’est le cas de Ad’Missions qui propose ses services aux auto-entrepreneurs. Les avantages mis en avant par cette entreprise ? Débarrasser les auto-entrepreneurs des tâches administratives, offrir un référencement auprès de leurs clients, bénéficier d’un soutien commercial et marketing, accéder à une formation, disposer de contrats établis en bonne et due forme, être assisté par une structure de recouvrement et surtout : permettre aux auto-entrepreneurs d’être SALARIE !
Intéressant de prime abord. Sauf que le portage salarial concerne la plupart du temps les activités intellectuelles (consultant, conférencier, formateur, créateur de sites…). Par conséquent les activités de commerce, d’artisanat, la vente aux particuliers et autres métiers réglementés ne peuvent êtres prises en charge par les sociétés de portage salarial.
Autre inconvénient, rédhibitoire celui-là : êtes-vous prêt à renoncer à près de la moitié de vos recettes ? C’est ce qu’expliquent fort justement Gilles Daïd et Pascal Nguyên dans leur ouvrage « Le guide pratique de l’auto-entrepreneur » (voir en rubrique Livres de Senioragir). Les charges sociales d’un auto-entrepreneur sont fixées de 12 à 21,3 % selon la nature de l’activité alors qu’en portage il vous est prélevé 45 % de charges. Normal puisque vous devenez salarié. Ainsi à titre d’exemple cité dans l’ouvrage : sur une prestation facturée 1 500 euros ht, l’auto-entrepreneur encaissera 1 225,50 € mais seulement
742,50 € s’il est porté. Cela devrait en faire réfléchir plus d’un !
