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INTERVIEW

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Stephen E. SHERIDAN, Directeur de projets, analyste financier (75)

« Mes talents de négociateur favorise le développement
des entreprises à l'international
 »

 

Spécialisé dans le domaine cimentier, Stephen E. SHERIDAN a toujours occupé des postes clés pour développer les entreprises à l’international. Mobile, il a travaillé dans 65 pays dans le monde et maîtrise parfaitement l’analyse financière et le management de projets. Avec sa double nationalité américaine-irlandaise, il dispose d’une carte de séjour et d’un permis de travail pour exercer en France.

Qu’est ce qui vous a amené à vous spécialiser dans le domaine cimentier ?
C’est une longue histoire. J'ai commencé comme ingénieur électricien travaillant dans une usine de ciment, mais ensuite, après avoir collaboré avec des spécialistes de l'équipementier FL Smidth à Copenhague, au Danemark, ils ont reconnu mon talent et mon enthousiasme, et m'ont proposé un travail consistant à faire à la fois la conception et le dépannage de grandes usines situées partout dans le monde. Après plusieurs années, j'ai été affecté à la conception, puis j'ai été transféré à titre d'ingénieur électricien en chef à l'âge de 27 ans en Oregon pour superviser l'installation du matériel électrique et de contrôle de processus pour une nouvelle usine. Après  un  démarrage réussi, le client m'a demandé de les rejoindre pour les aider à résoudre les problèmes opérationnels de leurs autres sites et je suis devenu ingénieur électricien en chef, Bureau d'information du Président, Senior Vice Président des opérations.
Du fait de la très bonne relation entre le client et le fournisseur, j’ai été appelé au siège de ce dernier afin de développer une nouvelle activité de vente de matériel électrique et de contrôle de processus pendant une période de 3 ans.

Belle progression. Et que s’est-il passé ensuite ?
Après, je suis retourné chez le client (en tant que Vice Président de la fabrication à l'âge de 35 ans) qui, entre temps, avait été acheté par Ash Grove Cement Company, et était en train de concevoir et de construire une nouvelle cimenterie à Seattle WA. J'ai été très impliqué dans la construction de cette usine en tant que représentant du propriétaire.
En conclusion, j'ai acquis une large expérience depuis la conception, la construction, à la mise en fonctionnement, puis la fabrication. Très peu d'ingénieurs ont la chance de parcourir ce cycle complet. J'ai également voyagé dans de nombreux pays pour des actions de prospection, ce qui a été une expérience très enrichissante.

En quoi votre métier de manager de projet et d’analyste financier vous passionne-t-il ?
Je suis un mathématicien dans l'âme et j'aime les chiffres, les feuilles de calcul, les tableaux croisés dynamiques, les filtres et les tables de recherche. Les mathématiques sont très précises et je le suis également. C'est pourquoi j'ai allié ma formation d’ingénieur à la finance en effectuant un MBA.

Quelle est votre grande satisfaction ?
Ce dont je suis le plus fier, c'est d’être passé d’ingénieur d'usine à un poste de vice-président de la fabrication pour une grande entreprise entre 26 et 35 ans.
Autre sujet de satisfaction : j'ai aidé un ami à créer son entreprise de consultant en ciment, baptisée Phoenix Process Engineering, implantée à Saint-Louis aux Etats-Unis. Je suis associé et je travaille avec lui depuis plus de 10 ans sur des dossiers très spécifiques.

Vous avez beaucoup voyagé, quelles qualités avez-vous développées ?
La première chose lorsqu’on sillonne le monde est d’apprendre à voyager de manière efficace et en totale sécurité. Je m'arrête toujours au consulat des États-Unis dans tous les pays du tiers monde que je visite, je les informe de ma présence et des endroits où je dois me rendre.
Ensuite, il est indispensable d’avoir quelques notions de la langue locale afin de communiquer un minimum. J'ai ainsi appris à parler le Chinois en utilisant le système Hanu Ping Yin (une technique utilisant l'alphabet phonétique de l'Ouest)
Enfin, il faut s’initier à la culture et aux pratiques du pays si vous voulez vous faire accepter. Par exemple, lorsqu'on rencontre un dirigeant russe, il est considéré comme incorrect de lui serrer la main à la porte de son bureau, ce salut doit se faire une fois que vous êtes entré dans les lieux. Cela a l’air anecdotique mais c’est en réalité très important.
Ainsi donc, j’ai appris au cours de mes nombreux voyages à faire preuve de flexibilité, à être curieux, attentif aux détails de la culture, à m'adapter à la nourriture même si elle est  infecte et mal présentée ( !) et surtout, à apprendre quelques rudiments de la langue locale afrin de prouver mon intérêt et mon respect pour mes interlocuteurs.

Vous favorisez le développement des entreprises à l’international. Quels sont les pays avec lesquels vous aimez négocier ?
Tout d’abord la Chine, car là-bas, les  négociateurs sont très professionnels et tiennent leur parole. Ils ont plusieurs cimenteries One Technology Center, près de Beijing, à Tianjin, avec quelques très bon ingénieurs.
J’aime aussi le Kazakhstan pour les mêmes raisons car certains décideurs sont très talentueux pour négocier des accords. En Argentine, ils sont également très organisés et sont proches des méthodes pratiquées en Europe. Je pourrais encorce cité la Bulgarie et bien d’autres pays où je suis parvenu avec succès à conclure des marchés.

Avez-vous l’intention de poursuivre votre carrière dans l’industrie du ciment ? D’autres secteurs vous intéressent-ils ?
Je reste ouvert à l'industrie du ciment, mais après avoir passé plus de 30 ans dans ce domaine, je m’intéresse également à d’autres secteurs. Cela d’autant plus que je vis en France et que cette industrie n’est plus ce qu’elle était auparavant. J'ai travaillé sur des projets d'usines à chaux, projets de co-génération, et j'ai passé 3 ans à la vente de contrôle de processus et de l'équipement électrique pour toutes sortes d'industries. Je crois que j'ai les compétences pour m'adapter facilement.

Quel type de contrat recherchez-vous ? En France, à l’étranger ? Et pour quel type de structure ?
Tout type de contrat m’intéresse. Je préférerais travailler en Ile-de-France puisque c’est là que je réside. J'en profite pour dire que j’ai une carte de séjour en règle. Mais tout en étant américain, je suis également citoyen irlandais, et si l’occasion se présentait, je serais prêt à partir en mission en Irlande pour le compte d’une entreprise française. Je suis également favorable à intervenir sur l’ensemble de l’Europe. Participer au développement d’entreprises françaises à l’international m’intéresse car j’ai les compétences financières et d’ingénierie pour atteindre les objectifs fixés. Sans parler des mes qualités sociales et de communication.

 

Propos recueillis par Martine Triquet-Guillaume

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