

Bernard JOUSSE, 56 ans, Chef de projet informatique (91)« Je m’applique à jouer le rôle d’interface entre les informaticiens et les commerciaux »
Méthodique, rigoureux, organisé, Bernard JOUSSE contribue à la mise en place de systèmes informatiques des entreprises, à gérer la qualité. Rien ne lui échappe grâce à sa grande connaissance des outils pour mener à bien ses projets. Aujourd’hui, il cherche de nouvelles missions pour exprimer
ses talents.Vous êtes en perpétuelle évolution quant à vos connaissances informatiques. Qu’est-ce qui vous motive ?
D'une manière générale, j'aime apprendre et être au courant des dernières évolutions des sciences et techniques. Dans ce cadre, je suis abonné à des revues comme Scientific American, Tangente, La Recherche et MISC. Me tenir à niveau en informatique fait partie de mon hygiène de vie intellectuelle.Parlez-nous des grands projets que vous avez dû mener ?
Il y en a eu deux qui ont été marquants pour moi. Quand j'étais indépendant, j'ai développé un logiciel (trop) en avance pour son époque : un monitoring de serveurs minitel. Cela m'a permis de comprendre l'importance de l'écoute du client et l'art de transformer une discussion sur son métier en cahier des charges. Plus tard, j'ai eu l'occasion, en travaillant pour un éditeur de logiciels de travailler avec des opérateurs métier pour préparer la maquette d'un produit innovant, puis de mettre en place la transformation de cette maquette en produit commercialisé. Un petit projet (5 années hommes), mais utilisant des technologies variées.Quels étaient les défis, les difficultés à surmonter ?
Essentiellement, en tant qu'éditeur de logiciel, les choix à faire pour répartir des ressources nécessairement limitées sur des fonctionnalités à mettre en place et ce, dans le respect d'un calendrier. Un travail de funambule entre développeurs et commerciaux.Quels résultats avez-vous obtenus ?
Le logiciel de Système d’Information Géographique Géoprévention a été présenté au salon Milipol, à deux JT de 20h, et a donné lieu à des articles dans Le Figaro, Libération, 01 Informatique. Le produit est sorti à la date prévue avec les fonctionnalités prévues et est sous- jacent à la création de la société du même nom.Quelle satisfaction en tirez-vous ?
OUAH!!!… Sincérement, je me sens comme un professionnel, peut être une sorte de compagnon, qui peut montrer qu'il connaît son métier et dont les compétences sont reconnues.
Aujourd’hui, souhaitez-vous une mission ou recherchez-vous un poste en fixe ?
L'idéal pour moi serait de redevenir consultant. Mais bien entendu, je n’écarte pas l’idée d’intégrer une entreprise.
Quels secteurs et quelle type de structure recherchez-vous plus particulièrement ?
Le secteur m'importe peu, j'interviens actuellement sur un site de e-commerce, métier que je ne connaissais pas, mais mon job est essentiellement de faire parler les spécialistes métier....
En termes de structure, je préfère les sociétés à taille humaine, où l'on peut régler les problèmes de manière plus efficace et plus permanente.
Etes-vous prêt à la mobilité ?
Cela dépend, j'ai pris goût à ce que Paris peut offrir : spectacles, expositions, musées. Paris restera toujours ma "base arrière". Je suis mobile sur la France en mission pourvu que je puisse passer la plupart de mes week-end sur Paris.
Que pensez-vous apporter à votre futur employeur ou client ?
Vingt ans de métier, l'habitude de parler avec des non-informaticiens et de faire l'interface entre leur langage, leurs attentes et le monde de l'informatique.
J'apporte aussi un profil dans lequel l'informatique est arrivée par hasard : ce n'est pas ma formation de base et j'ai de bonnes compétences dans de nombreux domaines...
Comment voyez-vous l’évolution de votre métier ?
Les informaticiens doivent admettre qu'ils ne sont qu'un des outils de l'entreprise, et qu’en tant que tel, ils sont à son service. Donc, ils doivent se professionnaliser, devenir plus fiables et plus accessibles.
Pensez-vous qu’être un senior est un frein vis-à-vis des entreprises ?
Cela dépend des entreprises.... Jai été consulté récemment par une société qui a tendance à prendre des intervenants seniors pour leur expérience et aussi parce qu'ils ne sont pas des "concurrents" pour le jeune management en place.... En revanche, je peux aussi citer plus d’une cinquantaine d’entreprises ou cabinets de recrutement qui m'ont appelé aprés avoir lu mon CV mais qui n'ont pas donné suite quand j'ai rappelé mon âge...
Propose recueillis par Martine Triquet-Guillaume