


Gérard Isnard, 64 ans, Retraité actif (13)
« J’aime l’activité, c’est une façon de vivre avec les autres
qui me convient »
Professeur agrégé de physique à l’IUT de Saint-Etienne, Gérard Isnard n’a pas souhaité
prendre une retraite tranquille. Animé par son désir de transmettre ses savoirs, il est gérant
minoritaire d’une SARL spécialisée dans la formation et le recrutement des techniciens
et stagiaires dans les domaines des techniques sous vide, acoustique et mécaniques sportives.
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Fonctionnaire de l’Éducation Nationale, la retraite passive ne vous convient pas. Pourquoi ?
De façon générale, j’aime l’activité, c’est une façon d’être, de vivre avec les autres qui me convient. Le partage implique la rencontre. La collaboration et le partenariat avec de nombreuses entreprises tissent des liens basés sur la confiance acquise au cours des années.Parlez-nous de votre désir de transmettre. Comment le concrétisez-vous ?
Au cours de ma carrière en IUT, la nécessité de préparer les jeunes au passage de l’enseignement académique au travail en entreprise m’a permis de mieux comprendre les deux mondes qui ont, encore aujourd’hui, du mal à collaborer.
Assez tôt dans ma carrière je me suis spécialisé dans l’alternance qui privilégie les savoir-faire. Le soutien et la satisfaction des industriels à ces 2 formations (TECHVIMAT et AVTECH) m’ont montré la justesse de cette démarche.
Actuellement mon activité s’inscrit dans cette continuité. Les anciens de ces formations m’apportent des témoignages favorables et, ainsi, je garde intacte mon envie de poursuivre dans cette voie. Cela nécessite une écoute réciproque tant avec les jeunes qu’avec les industriels. Evidemment cet état d’esprit n’est pas réservé aux licences professionnelles et j’étends cette transmission aux élèves ingénieurs dans mes domaines de compétences.
Mon action s’étend aussi auprès de jeunes mécaniciens passionnés de compétitions en sports mécaniques. Dans ce domaine, l’information étant souvent mal connue, je présente l’IEMS, Institut Européen de formation aux Mécaniques Sportives, dans les DUT, BTS et CFA au niveau bac+2, et cela dans un grand nombre d’établissements au niveau national.Vous êtes gérant minoritaire d’une SARL en France, dirigée par vos fils qui de leur côté ont créé une entreprise au Brésil. Intervenez-vous dans leurs prestations ?
Oui mes fils tout en étant actionnaires majoritaires de Isnartech basée à Hyères, résident à Sao Paulo. Je suis associé à leur société Isnardtec, (www.isnardtec.com ). Présente sur le marché brésilien depuis 2002, cette société propose aux entreprises francophones des prestations de services linguistiques, études de marchés sur mesure, actions commerciales et administratives.
Le choix du Brésil par mes fils est lié aux perspectives économiques de ce pays mais aussi aux rythmes de la bossa-nova…
J’ai vécu deux ans au Brésil où j’ai appris le portugais. Aujourd’hui, mes interventions sont ponctuelles, les déplacements dépendant de l’importance des contrats. Nous communiquons par mails et téléphone tous les jours.Quel est précisément votre rôle au sein de cette structure ?
Afin de réduire les coûts et améliorer la réactivité, je représente la société de mes fils auprès des clients basés en France. À ce titre, j’établis les premiers contacts (rencontres informations, etc..).Entre le monde du professorat et celui de l’entreprise, quel bilan en tirez-vous ? Qu’avez-vous appris ?
J’ai exercé mon métier d’enseignant avec passion et, avec la préoccupation du devenir des étudiants au-delà des diplômes, j’ai appris à travailler avec les industriels. J’en ai retiré une plus grande richesse tant sur le plan relationnel que personnel : une sorte de synthèse entre la pédagogie par objectifs et les capacités à faire.
Quelles ont été les prestations qui vous ont le plus séduit depuis que vous travaillez chez Isnartech ?
J’ai créé cette SARL le 1er octobre 2008 et mes premières prestations ont concerné l’IEMS (tenue du stand au Mondial de l’Automobile, présentations dans les établissements). Parallèlement le pré-recrutement de techniciens et d’élèves ingénieurs pour la société 40-30 m’a apporté de grandes satisfactions. J’ai réalisé une prestation de formation continue en techniques sous vide pour le compte d’Insacast.
En un mot je dirais que mon activité est un prolongement naturel de mon premier métier.En plus de la formation aux diverses techniques, vous contribuez au pré-recrutement. Comment pratiquez-vous sur le terrain ?
Je propose mes services aux entreprises de mon réseau. Sur leur demande elles définissent un profil de poste que je complète par une demi-journée minimum d’entretiens sur le lieu de travail avec les personnes de l’encadrement direct quand c’est possible.
Ensuite je contacte les diverses écoles où je m’efforce de faire une courte présentation. Souvent une discussion téléphonique avec les responsables des relations-entreprises des écoles et instituts suffit. J’utilise aussi les sites internet.
Je reçois les lettres de motivation et CV et, après analyse, les candidats sont contactés pour un premier entretien (1 h environ) soit en face à face, soit via internet (visio). Dans mes activités antérieures où j’occupais la place d’interface entre le jeune et l’entreprise qui me demandait conseil avant de « prendre un alternant » pour une année, j’ai acquis une grande pratique de ce type d’entretiens.
Ensuite, j’envoie un compte-rendu que je valide. L’entreprise me paie la prestation seulement si le candidat est retenu. Cette procédure convient bien aux petites entreprises en raison des faibles coûts et risques.Comment voyez-vous votre évolution ? Avez-vous de nouveaux projets de développement (recherche de partenaires, associés…) ?
Pour mes activités spécifiques, j’ai déjà commencé à prendre des contacts avec les bureaux d’études en Acoustique. Je continue la présentation de l’IEMS et je démarche les entreprises de techniques sous vide.
Pour la partie brésilienne, l’évolution de ce marché permet d’envisager de développer la structure aussi bien en France qu’au Brésil.
Mon objectif est de travailler dans le cadre d’une « productivité raisonnée » : par raisonnée j’entends me fixer des objectifs atteignables sans avoir le souci permanent et exclusif du chiffre d’affaires, préférant insister sur la satisfaction du client.Quelle est la position du Brésil face à l’emploi des seniors. Est-ce la même chose qu’en France ?
Le Brésil étant un pays jeune, l’obligation de garder le rythme est quelquefois difficile.
Il y a un âge légal pour la retraite mais la pension versée est nettement inférieure en comparaison avec la France (environ 20% du meilleur salaire) ce qui oblige les seniors à continuer leur activité ou à cotiser dans un plan de retraite privé comme aux USA. Pour la majorité ils continuent de travailler tant que leur santé le permet.
L’âge de départ se situe vers 60-65 ans en fonction des catégories.
Le senior est apprécié et son expérience valorisée.Propos recueillis par Martine Triquet-Guillaume