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INTERVIEW

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Nathalie COGNET, 44 ans,
Consultante en Ressources Humaines (92)

« J’aime comprendre, trouver des
   solutions pour améliorer une
   situation, transmettre »

Après avoir été responsable en communication, Nathalie COGNET a réorienté sa carrière vers les métiers des ressources humaines. Elle a créé,  il y a cinq ans, un cabinet de conseil en Ressources humaines pour répondre aux demandes d’expertise sur un dispositif légal alors peu connu : la VAE (validation des acquis de l’expérience). Depuis 2009, elle est consul-tante et formatrice pour épauler les seniors dans leurs recherches d’emploi.

Quel fut l’élément déclencheur qui vous a fait quitter le monde la communication vers celui des RH ?
Je souhaitais apporter une composante plus humaine à mon activité professionnelle. Par ailleurs, je me suis toujours intéressée aux questions d’orientation professionnelle, de choix de formation et à la place du travail dans la construction de l’identité de l’individu. Un individu qui a trouvé sa place professionnellement, qui exerce un métier qui correspond à ses aptitudes et à ses motivations sera bien plus efficace économiquement. J’aime cette idée de congruence entre l’individuel et le collectif.

Vous avez créé un cabinet de conseils en RH. Quel était sa spécificité ?
Au départ, NC Conseil était principalement un cabinet expert en VAE. Je rappelle que la validation des acquis de l’expérience est un droit donné à chaque individu de faire valider les acquis de son expérience en vue de l’obtention d’un diplôme.  Mon expertise sur ce dispositif, entré en vigueur en 2002, a très vite été reconnue grâce notamment à la rédaction de dossiers d’information et d’interviews parus dans la presse spécialisée (Actualité de la Formation Permanente, L’Express…) . J’ai ainsi été sollicitée par de nombreux institutionnels - conseils régionaux, universités, syndicats professionnels - pour animer des conférences d’information sur ce dispositif. Par ailleurs, j’ai présenté le dispositif dans des entreprises (aux DRH et aux salariés) et ai accompagné des candidats dans le cadre de leur démarche proprement dite.
Puis j’ai élargi mes activités au conseil en évolution professionnelle et à l’accompagnement à la recherche d’emploi. Je suis intervenue auprès d’un public de demandeurs d’emploi mais aussi d’étudiants pour les aider à se positionner ou se repositionner professionnellement. 

Vous avez publié un ouvrage sur la VAE. Pouvez-vous nous en parler ?
Mon ouvrage DRH, Salariés : sachez utiliser la VAE est paru aux Editions Management et Société en janvier 2006. Il s’agit à la fois d’un guide opérationnel et d’une source de réflexions pour tous ceux qui s’intéressent au développement professionnel et à l’emploi ou qui entendent participer au déploiement de ce dispositif. La mise en place de la VAE avait pour principal objectif d’améliorer le niveau de qualification de la population active française, avec à la clef des enjeux considérables tant sur le plan économique que social : meilleure employabilité des populations les plus fragilisées par d’éventuelles ruptures professionnelles, anticipation des besoins de qualification face aux évolutions technologiques et démographiques, mais aussi opportunité stratégique pour le développement des compétences et la compétitivité des entreprises. Travailler sur les moyens d’optimiser le déploiement de ce dispositif m’a passionné et j’ai souhaité montrer comment ce nouveau droit individuel inscrit dans le Code du travail, pouvait devenir un formidable outil de gestion et de développement des ressources humaines dans les entreprises.
Les résultats de cette réalisation : outre bien sûr une très grande satisfaction personnelle, cet ouvrage m’a légitimé en tant que consultante RH et m’a renforcé dans mon propre positionnement de sociologue. Ma vocation : transmettre et informer, sensibiliser sur des sujets d’intérêt économique et social et participer au développement de la société et de l’individu.

Quelle aptitude faut-il avoir pour se lancer dans le conseil en RH ?
La première chose est d’être à l’écoute du besoin du client pour y répondre de manière la plus adéquate. Chaque conférence animée était préparée en fonction de la demande de mon client, et de la façon dont il voulait communiquer sur le sujet ; l’angle d’approche était à chaque fois différent.
Quant à mon activité d’accompagnement professionnel et de coaching, que ce soit en groupe ou en collectif, l’écoute est également primordiale et elle va même au-delà de ce qu’exprime verbalement notre interlocuteur.

 


Pourquoi avoir cessé l’activité de votre cabinet depuis cette année ?

J’ai cessé cette activité indépendante car je n’aime pas travailler seule. J’ai besoin de l’émulation du groupe, d’échanges et de contact pour me ressourcer. Même si je sais me concentrer lorsque j’ai à fournir un travail de réflexion et d’analyse, j’ai besoin de confronter le fruit de mes réflexions avec autrui. J’ai besoin aussi de me sentir intégrée à un groupe de travail plus large pour être partie prenante sur des sujets d’intérêt général et public. Travailler en « sous-traitance » pour l’État, c’est bien, mais au bout d’un moment, mon besoin de renouvellement et d’échanges n’a plus été satisfait. Quant au coaching et à l’accompagnement professionnel, les échanges de pratique ou l’animation de groupe à deux, sont toujours très enrichissants et permettent d’être encore plus pertinent pour aider l’autre à trouver sa propre solution.

Est-ce que le métier de consultante est plus épanouissant ?
J’aime le recul que nous permet d’avoir le métier de consultant. Nous avons moins le « nez dans le guidon » qu’en entreprise ; ce qui nous permet de mettre en œuvre plus de créativité dans notre façon d’aborder et de traiter les projets qui nous sont confiés.
J’aime comprendre, trouver des solutions pour améliorer une situation, transmettre. Mon métier de consultante/formatrice RH et de coach m’apporte ces satisfactions.

En quoi consistent vos missions ?
Dans le cadre de mes missions d’accompagnement professionnel :
- Je conduis sous forme d’entretiens en face-à-face des bilans - projet permettant à la personne de se positionner sur le marché ou d’envisager une reconversion et je l’aide à mettre en œuvre son projet professionnel lorsque celui-ci a été identifié. J’utilise des outils d’analyse de motivation et de personnalité et bien sûr, j’adopte toujours une posture de coach pour laisser émerger chez l’individu ses propres réponses ; condition essentielle pour une appropriation complète du projet.
- J’effectue du conseil et de l’accompagnement à la VAE (étude de la faisabilité du projet, formulation d’hypothèse de diplômes correspondant aux acquis, accompagnement proprement dit sur la rédaction du dossier de preuves).
-  J’exerce des missions d’accompagnement à la recherche d’emploi à travers des entretiens individuels et des ateliers thématiques en groupe .
- J’anime des stages de formation en développement personnel comme « la communication non violente ».
Dans le cadre de mes missions de communication sur la VAE, j’anime des ateliers-débats, des conférences d’information, ainsi que des stages de formation destinés aux professionnels en RH ou aux étudiants en RH.

Vous êtes membre actif et administrateur du Syndicat Professionnel des Métiers du Coaching, pouvez-vous nous parler de votre activité au sein de ce syndicat ?
Ce syndicat a été créé en 2004 pour donner une légitimité au métier de coach et le professionnaliser. Pour cela, le syndicat a construit un référentiel de compétences très détaillé des métiers de coaching et a mis en place un processus de certification des compétences au coaching, avec plusieurs niveaux. Quelles que soient les approches, outils et écoles, ce qui est validé est la façon dont le coach les met en œuvre dans la démarche coaching et au regard des différents niveaux du référentiel de compétences du Syndicat.
Cette année j’ai décidé de m’investir à titre bénévole pour faire inscrire ce référentiel au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), ce qui permettra d’apporter une vraie légitimité au métier de coach et une reconnaissance des Pouvoirs Publics.

Pour quel type de structure souhaitez-vous travailler aujourd’hui ?
Je peux offrir mes compétences aux collectivités territoriales, fédérations syndicats professionnels, grosses entreprises qui ont un vrai service de GPEC (+ de 5 000 personnes), établissements de formation ou  cabinets conseil en management et conduite de changement pour conduire des missions d’études et de conseil sur des problématiques d’emploi et de formation ou à des structures d’aide à l’emploi (APEC, cabinets d’outplacement) ou de coaching, pour conduire des missions d’accompagnement professionnel.

Vous êtes membre de l’association Arc de Seine Entreprises, quels bénéfices en tirez-vous ?
Beaucoup de soutien dans mes démarches de recherche de structures auxquelles je vais pouvoir offrir mes compétences. Ma conseillère, Houria KIES, assure un suivi très régulier, m’apporte de l’information sur mon domaine d’activité et n’hésite pas à me mettre en relation avec des personnes qu’elle a pu rencontrer dans le cadre de ses activités auprès des entreprises.

Propos recueillis par Martine Triquet-Guillaume

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