
Vive les retraités actifs !
Selon une étude menée durant quatre mois dans les Pays de la Loire par l’association ECTI, les anciens cadres et chefs d’entreprise cumulent de précieuses qualités pour intervenir auprès des jeunes, des associations, des entreprises, des collectivités et à l’étranger. Transmettre leur savoir est un acte social, économique et solidaire.
Quand l’heure de la retraite sonne qu’allez-vous faire ? Vous les anciens cadres dirigeants, vous les ex-chef d’entreprise ? Profiter du bon temps, voyager, faire toutes les choses que vous n’aviez pas eu le temps de faire quand… vous travailliez ? Oui, mais après ? N’arrivera-t-il pas le moment où l’ennui va vous tomber brusquement sur votre tête ? Et là l’innocupation risquent de vous tourmenter terriblement. « Je veux transmettre mon savoir ! ». Rien d’étonnant à cela. Bon nombre de retraités veulent rester actifs et ne s’en privent pas. Une réaction saine, généreuse, sociale. Un constat que met en évidence l’association Ecti, née en 1924 et qui réunit à ce jour 150 délégations et 3 000 seniors bénévoles ex-cadres et dirigeants d’entreprise.
A l’occasion de son assemblée générale annuelle qui s’est tenue en mai dernier au Palais des Congrès de Nantes, ECTI a présenté les résultats d’une étude, menée par Stratégide, sur le rôle à jouer des cadres et des chefs d’entreprise retraités pour le développement socio-économique français. Une étude étalée sur quatre mois à Angers, Laval, Le Mans et Nantes auprès de CCI, d’OSEO, de chef d’entreprises, de responsables de ressources humaines actifs.
Il en ressort que les personnes interrogées reconnaissent à l’unanimé que la population de retraités cumulent de nombreuses et précieuses qualités : l’expérience en matière de technologie, de management, de gestion, le savoir-faire technique et fonctionnel, le savoir-être, comprenez cette capacité d’écoute, de patience et d’envie de transmettre, le dynamisme et la disponibilité. Pour Ecti, la réunion de ces qualités représentent une ressource, un véritable patrimoine. « Ne pas « exploiter » ce vivier de compétences serait un gâchis pour notre société » souligne M. Boulard, Maire du Mans.Selon les personnes interrogées, les retraités actifs ont un vaste champ d’intervention (voir le tableau ci-dessous). Ainsi, il ont un rôle à jouer auprès des jeunes étudiants de 16-25 ans en manque de repères et de confiance dans leur avenir professionnel mais aussi auprès des jeunes actifs pour les aider à s’intégrer dans une entreprise. La place des retraités dans les associations est aussi jugée indispensable pour améliorer leur organisation, leur gestion, leurs projets et les rendre pérennes. De même, il est un terrain qu’aimerait investir Ecti et son vivier de retraités actifs : les collectivités locales. « Nous souhaiterions en particulier être plus souvent sollicités pour aider les collectivités locales, auxquelles nous pourrions apporter des compétences spécifiques dont elles ne disposent pas toujours », souhaite Georges Dupasquier, président d’Ecti.
Parmi les autres actions menées, celles auprès des entreprises qu’il s’agisse de PME ou de TPE. Qui mieux qu’un ex-dirigeant d’entreprise peut aider un chef d’entreprise en exercice ? Aide à la prise de décision, résistance à la crise, partage d’expériences… autant de conseils que peut apporter de façon objective un retraité actif. De même, il s’avère un allié indispensable pour accompagner et concrétiser les projets de création ou de reprise d’entreprise.
Du fait de ces diverses grandes responsabilités, la possibilité de conférer un statut de business angels aux retraités actifs a été évoquée lors cette enquête. Une opportunité qui leur permettrait d’investir dans des entreprises innovantes.
Autre terrain d’intervention des retraités actifs : l’étranger, notamment les pays en voie de développement. « Par ses nombreuses missions hors de France, Ecti contribue à promouvoir l’image des entreprises et des compétences françaises à l’étranger. D’autres pays, les Pays Bas et l’Allemagne notamment, utilisent beaucoup plus largement leurs associations de seniors dans ce but. Nous souhaiterions que les institutions françaises, pouvoirs publics et associations professionnelles, imitent leur exemple », souligne Georges Dupasquier. Pour le pannel retenu par Ecti, leur mission doit se limiter au conseil car il serait malvenu d’imposer un modèle économique français non approprié aux pays concernés.
A l’unanimité, l’étude fait ressortir avant tout que c’est la passion de transmettre son savoir-faire qui doit guider le retraité actif que ce soit dans ses relations avec les jeunes comme avec les chefs d’entreprise. Il doit rester dynamique, en phase avec son temps, rester crédible et savoir de lui-même interrompre ses activités quand il se sent dépassé.Mais quel est le statut d’un retraité actif ? Doit-il être bénévole ou rémunéré?
Là les avis sont partagés. Passons en revue les pour et les contre.
BENEVOLE
REMUNERE
Il est difficile de mesurer la valeur de l’intervention de ces retraités dans la mesure où elle doit se limiter au conseil, à l’éclairage.
Les retraités sortent du système économique classique et perçoivent une retraite, par conséquent, leur nouveau statut et le montant de leur retraite élevé ne doit pas s’accompagner d’une rémunération supplémentaire.
La seule motivation des retraités doit être celle de la transmission de leur expérience. Ils doivent être désintéressés. Nous sommes dans une démarche du don de soi et non de recevoir, si ce n’est l’enrichissement personnel et non financier.
La rémunération du retraité induit une mise en concurrence directe avec les actifs exerçant actuellement sur le marché du consulting. Or, il ne doit pas y avoir substitution entre les deux mais unecomplémentarité.
Nous sommes dans une économie marchande qui induit que ce qui n’est pas réalisé en contre partie d’une rémunération n’a pas de valeur. Ceci reviendrait à dire que si le retraité n’est pas payé, ses conseils n’ont pas de valeur.
La rémunération est nécessaire au bien-être du retraité. En effet, souvent, le retraité en quête de repères, suite à sa vie active, a besoin d’être valorisé, de sentir qu’il est encore « utile » à la société. La rémunération le valorise et devient une forme de reconnaissance nécessaire pour l’aider à
ne pas perdre confiance en lui.La rémunération induit davantage une obligation de résultat. Pour certains répondants, la contre partie est un travail rendu plus pertinent et plus efficace. Cette obligation de résultat devient à leurs yeux d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel où toutes les décisions prises ont des conséquences importantes. Par ailleurs, la rémunération devient un filtre dans la sélection des intervenants. Certains considérés « moins compétents » pour telle ou telle mission, seront alors mis à l’écart au profit de ceux aux compétences, plus adaptées. Finalement la rémunération professionnalise la relation de travail entre le retraité et son commanditaire.
La non rémunération induit une mise en
concurrence avec les actifs. Les retraités
anciennement cadres et chefs d’entreprise peuvent être considérés comme de la main d’oeuvre bon marché utilisée au dépend des consultants, par exemple.
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Vaste débat. La définition du retraité actif reste floue. Tantôt il intervient en bénévolat, tantôt il peut-être rémunéré par un chef d’entreprise sous certaines conditions.
Quoi qu’il en soit, la mission d’un retraité actif, rémunéré ou non est plus que jamais indispensable et souhaitable à la société.La pyramide des cibles des interventions des anciens cadres et chefs d’entreprise (par ordre de priorité
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